Kitab sirr al-asrar

(…) L’herméneutique permanente, le maintien d’une interprétation infinie se révéle être un discours avec Dieu, et non sur Dieu. L’ésotérique de l’ ésotérique ne s’identifie pas au premier sens ésotérique, car ce dernier reste le fruit d’une interprétation de l’âme seule, vis-à-vis d’elle-même. Mais au fure et à mesure qu’elles s’elève et développe l’ésotérique, elle semble instaurer un dialogue divin. Son interprétation la porte vers des sphères célestes insoupçonnables. L’ésotérique de l’ ésotérique n’est pas un savoir fini qui dévoille la substance divine, mais une interprétation substantielle du secret que renferme le divin: «Notre cause», écrit Já’far Sâdique, VI Imâm, «est un secret dans un secret, le secret de quelque chose qui reste voilé, un secret que seul un autre secret peut enseigner; c’est un secret qui est voilé par un secret.» Ou encore, «Notre cause est la vérité et la vérité de la vérité; c’est l’ éxotérique, et c’est l’ ésotérique de l’ éxotérique, et c’est l’ ésotérique de l’ ésotérique. C’est le secret, et le secret de quelque chose qui reste voilé, un secret qui se suffit d’un secret». Tel est l’ultime destin de l’interprétation métaphorique: se suffire d’un secret, d’un silence poétique d’un secret- l’ésotérique de l’ésotérique n’est pas un sens qui s’ajoute au précedént, lui même s’ajoutant au précédent, car sela constituerait une collection de sens (et nom pas une fleur de sens), incapable de rendre compte de l’unité de l’âme, mais bien l’élaboration du «retentissement» significatif.»

Cynthia Fleury “L’interpretation du silence et la découverte du secret “

Brion GysinBrion Gysin